Valère Staraselski

Le blog Dissidences.hypothèse
21 décembre 2020

Un compte rendu de Morgan Poggioli
Initié par Guillaume Roubaud-Quashie et Valère Staraselski, respectivement membres de la direction du PCF et de la fondation Gabriel-Peri, préfacé par Fabien Roussel secrétaire national du PCF et postfacé par Claude Mazauric, historien communiste spécialiste de la Révolution française, membre du Comité central dans les années 1980 et ancien directeur des Editions sociales, ce livre apparaît de prime abord comme un ouvrage commémoratif partisan du PCF par le PCF, pour le PCF.

Or il n’en est rien, Guillaume Roubaud-Quashie et Valère Staraselski, ont plutôt opté pour leur seconde « casquette », celle d’historiens, spécialiste des Jeunesses Communistes pour le premier et d’Aragon (entre autre) pour le second, en réunissant une trentaine de jeunes chercheurs, doctorants ou jeunes docteurs, pour retracer cette histoire séculaire du Parti communiste français.

Ce livre ne se veut toutefois pas une synthèse historique. L’originalité de l’ouvrage, le parti pris, réside en une approche chronologique en proposant pour chaque année, de 1920 à 2020, une focale de deux pages sur un évènement ou une thématique. Sont ainsi abordés les grands moments de l’histoire du PCF : le Congrès de Tours, les campagnes contre l’occupation de la Rhur et la guerre du Rif, le Front populaire, la Résistance, la grève des mineurs de 1948, la guerre d’Algérie, Charonne, le programme commun, la victoire de 1981, la chute du Mur, le mouvement de 1995… Des questions plus longitudinales sont également traitées comme celles des femmes au PCF, de la question européenne (de l’euro-communisme à la campagne pour le non de 2005) ou du communisme municipal. L’ouvrage offre aussi des focus moins attendus comme la participation du chanteur communiste afro-américain Paul Robeson à la fête de L’Humanité en 1959, l’émergence d’une conscience écologique dans les années 1960-70 contrecarrée par la question du nucléaire, Le livre noir du communisme, l’ouverture des archives du PCF. Enfin, il n’élude pas des questions sensibles telle « l’impossible déstalinisation », les privatisations durant le gouvernement de la gauche plurielle ou les échecs de ces dernières années pour tenter de reconfigurer la gauche autour d’un pôle antilibéral.

Forcément incomplète, cette histoire originale n’en demeure pas moins particulièrement plaisante à lire, alimentée par les recherches universitaires récentes comme le prouve la bibliographie proposée. L’ouvrage est de plus illustré par de nombreuses photographies et affiches qu’un autre livre complète par ailleurs, celui Guillaume Roubaud-Quashie (une nouvelle fois) et de Corentin Lahu : 100 ans d’histoire de France et de PCF sur les murs. Les communistes s’affichent aux éditions Hélvétius1.

Ce beau livre à destination du grand public est une parfaite entrée pour se familiariser avec l’histoire d’un PCF qui aura marqué et accompagné celle ce long vingtième siècle à l’échelle hexagonale et parfois même au delà.

1En lire le compte rendu, sur ce blog de Dissidences, par Christian Beuvain, dans cet ensemble sur le centenaire du PCF.