Valère Staraselski s’interroge sur ce qui relie catholicisme et communisme.
Lorsqu’on questionne Valère Staraselski, il cite Bernard Marris ("Le communisme n’est qu’un christianisme athée.") et Jean Kanapa (« Nous ne parviendrons à construire le socialisme en France que lorsque nous saurons intégrer réellement les données positives de la culture chrétienne à celles du marxisme. ») Cinq personnages dialoguent : François Koseltzov, le double de l’auteur, Louis Massardier, un ancien universitaire, communiste au long cours, Thierry Roy dit Chéri-Bibi, gardien au musée Carnavalet, Darius, un copain iranien de François qui a passé dix-huit mois dans les prisons de Khomeiny, et Katiuscia Ferrier, une jeune femme douée pour le plaisir et l’amour. Ils se rencontrent souvent aux abords de la cathédrale de Meaux, ou sur les rives du canal de l’Ourcq, ou lors d’une messe de minuit ou aux obsèques d’un SDF organisé par le collectif des Morts de la rue. Ils discutent de la vie, de la mort, abordent le registre de la politique, de la spiritualité, s’interrogent sur la puissance de la foi et du communisme.
« Il y a eu les distanciations et condamnations récurrentes de l’Eglise contre l’émergence, puis contre les expériences communistes »], reconnaît-il. « (...) Je constate qu’il y a aujourd’hui de plus en plus de jeunes, parmi de nombreux autres catéchumènes, militants communistes qui affichent leur foi. L’un d’eux, qui se destine à entrer dans les ordres monacaux, a rédigé la préface de mon Voyage à Assise (N.D.A. : le préfacier se nomme François)
(...) » Lorsqu’on lui demande le pourquoi de ce roman, il confie qu’après l’incendie de Notre-Dame de Paris en 2019, en proie à une indicible stupeur mêlée de tristesse et de révolte, lui le communiste athée, a écrit un article "Les Passagers de la cathédrale" paru dans L’Humanité et La Croix où il disait que « l’intense émotion qui frappe les catholiques s’étend non seulement aux autres croyants mais bien plus largement à celles et ceux en qui les valeurs humanistes sont ancrées. » L’article est devenu « un roman-contrepied de contre-vérités sur notre histoire assénées par des politiques à court terme (pléonasme aujourd’hui) et des intellectuels médiatiques triomphants qui commettent l’erreur de penser que l’on peut ignorer notre héritage. (...) Dans la clairière de Châteaubriant où l’on honore toujours les 27 otages fusillés par les troupes d’occupation allemandes en octobre 1941, j’ai appris, très jeune, qu’un peuple sans mémoire est un peuple sans défense... » Un roman magistral et plein d’enseignements.