On prête à Louis Aragon ("on ne prête qu’aux riches" dit le proverbe !) l’affirmation selon laquelle "quand on ne peut expliquer rationnellement un problème on écrit un roman". Valère Staraselski a écrit Les passagers de la cathédrale. Il a bien fait. Ce roman ne prétend pas expliquer, il donne à réfléchir. De nombreuses fois, en le lisant je me suis interrompu pour réfléchir à ce que je venais de lire. L’auteur ne nous demande pas de juger les propos des protagonistes, il nous invite à les comprendre. Comprendre les propos, mais surtout leurs auteurs, ces "passagers" du grand vaisseau de pierre, en proie au désarroi mais déterminés à ne pas y céder. Comprendre leur quête de sens en même temps que de solidarité humaine. Merci de les avoir fait parler pour nous dans des lieux où l’on ne peut manquer d’évoquer le célèbre évêque de Meaux, Bossuet, qui voulait, par ses sermons "faire entendre aux hommes de grandes et terribles leçons".