Il y a d’abord le déchaînement des éléments prévenu par un silence anormal des oiseaux, puis la rencontre de François Koseltzov avec un homme que nous saurons plus tard se prénommer Louis et être un ancien professeur d’histoire à la retraite. Pour l’heure, il est juste un homme qui cherche un abri dans la cathédrale St Etienne de Meaux mais dont les portes restent hermétiquement fermées.
On a donc donné à Dieu des horaires ? Les âmes perdues doivent se coller à un agenda pour trouver soutien ?
Ainsi commence l’ouvrage de Valère Staraselski où nous croiseront cinq protagonistes. François donc, qui un temps a gagné sa vie en récitant les fables de La Fontaine dans le métro, Louis, nonagénaire au savoir semble-t-il sans fin, Darius, 18 mois dans les prisons Iraniennes de Khomeiny, Thierry ancien balayeur devenu gardien au musée Carnavalet et enfin Katiuscia Ferrier, lien avec l’association « Le collectif des morts de la rue », là où le fait divers devient plus noblement un fait
social. Ce petit monde hétéroclite sera prétexte à l’auteur de s’interroger sur le militantisme et la foi religieuse, communisme et athéisme, Dieu et ses représentants officiels.
« Le catholicisme est chose trop précieuse pour être abandonné au clergé ». Et bien sûr, Maris cité avec son « Le Communisme n’est qu’un christianisme athée ". On croisera ainsi plusieurs samaritains qui n’en avaient pas le titre, Maris donc, Pasolini , Hugo (comment faire autrement !), puis Lacan pour cette société où même le désir est devenu une marchandise.
« Si tu veux, les choses pour moi sont très simples. Et c’est peut-être là le point de jonction entre le Dieu chrétien et, disons, mon art de vivre. Il faut agir, oui, être dans l’action et faire au quotidien comme si tout dépendait de nous. Car c’est bien là le secret : faire comme si absolument tout dépendait de nous et de nous seuls. Pas de salut hors de ça. »
Il est question du respect de la vie humaine mais aussi animale et végétale et une telle idée (politique ou chrétienne, allez savoir) aujourd’hui, je dis, c’est plutôt chouette !