Une tempête s’abat sur la ville de Meaux. Deux quidams se réfugient près de la cathédrale Saint-Étienne, réagissant de façon très différente : l’un peste contre le vent, l’autre se contente de protéger sa caquette. Deux attitudes typiques de nos contemporains oscillant face aux évènements entre une réaction émotionnelle et le principe de réalité. Deux autres hommes et une femme rencontreront les premiers. Le roman se construira sur les relations nouées par ces cinq personnages qui ne se connaissaient pas.
Saint-Étienne de Meaux résonna des sermons de Bossuet : histoire chrétienne donc, et histoire de la littérature classique. Les romans de Staraselski s’appuient toujours sur les processus historiques qui les portent : les références à l’histoire sont omniprésentes, replaçant l’époque dans le fil de la dialectique historique. On doit donc lire ici un roman d’histoire contemporaine, avec les débats d’idées qui agitent notre société et ses enjeux politiques et sociaux.
À l’instar des romans philosophiques, c’est par les échanges entre les protagonistes que se développe une réflexion philosophique et idéologique sur l’actualité, dont le changement climatique ou la difficulté de militer quand les repères se brouillent ou se délitent.
Les liens entre les personnages reposent sur l’altruisme que l’on retrouve dans les bases du christianisme, dans l’idéal communiste, ou celui de notre République où notre société puise ses racines, la fraternité citoyenne. Militants associatifs, portés par un idéal politique ou êtres de conscience, tous se retrouvent dans cette phrase : « Ne vivre que pour soi, quelle drôle d’idée ».
L’auteur nous invite à réfléchir sur notre rôle dans une société héritière de la chrétienté et de la Révolution française, nous rappelle que nos valeurs se défendent d’abord dans nos rencontres quotidiennes et que nous sommes tous faits d’Histoire et de rêves. Avec Les passagers de la cathédrale Valère Staraselski signe un ouvrage majeur de son œuvre.